BOXE CHINOISE

HISTORIQUE
Nous sommes à l'époque de la Dynastie Tang (618 - 907 apr. J.C.)...
L'Empereur de cette Dynastie encouragea par décret l'étude et la pratique des
Arts Martiaux à tous les niveaux de la société.
Dans tout le royaume des rencontres étaient organisées, les lutteurs,
boxeurs et autres combattants s'affrontaient à deux,
ou seul contre plusieurs, sur une plate-forme*, sans règles ni limite de temps !
Les combats étaient rudes et la victoire ne pouvait s'obtenir que de trois façons
possibles: par la mise hors de combat (K.O)
- par l'abandon du pratiquant (Blessures ou l'Arrêt demandé du combat)
- par l'éjection de la plate-forme (Projections ou autres).
Du fait de la violence des échanges et l'absence totale de protections, il était
demandé à chacun des participants
de signer un engagement sur leur vie avant le combat !...
Cette forme d'assaut compétitif, mettant en valeur les
potentiels de chaque participant,
est l'ancêtre de ce que nous appelons aujourd'hui le SANSHOU (1).
Par la suite, les Maîtres d'Arts Martiaux de différentes provinces créèrent
une technique de combat sophistiqué - aujourd'hui
connue sous le nom de Boxe Chinoise et dénommée selon les provinces de l'époque Quan-Shu, Chuang-Fa ou Chang-Quan (2)
- qui englobe une technique énergétique et deux anciennes techniques
actuellement connu sous les noms respectifs de Shuaï-Jiao et Qin-Na**.
Le "Poing de la Chine" était né et selon l'expression consacré de la Tradition pour
devenir un bon "CHUEN-JI" (Boxeur)
il fallait posséder outre les qualités physiques, psychologiques et mentales,
une solide connaissance en philosophie et en médecine, ce qui de nos jours a bien changé.
*Da-Leita: plancher surélevé à lm20 du sol et d'une surface d'environ 50 mètres carrés,
installé en pleine place publique.
(1) Assaut libre: Application en situation réelle, a deux ou seul contre plusieurs,
successivement ou à la fois.
(2) Litt.: "Poing de la Chine"
**Shuaï-Jiao: Lutte Chinoise utilisant les projections et balayages.
Qin-Na: Technique de clés, de torsions, de luxations,
d'étranglements et de pressions sur les nerfs et points vitaux.
COMPOSANTES DE LA BOXE CHINOISE
La Boxe Chinoise repose sur la philosophie du Tao et sur l'efficacité, combinaison
d'une préoccupation à la fois
psychique et physique (préservation de la santé,élévation spirituelle) et défensive (protection en cas d'agression).
Elle inclut également une technique de Qi-Gong qui permet de développer la capacité pulmonaire et le rythme
respiratoire nécessaire au pratiquant pour canaliser et concentrer son potentiel énergétique.
La pratique d'exercices physiques rythmés, mettant en mouvement des groupes musculaires,associés à une bonne oxygénation,
sont une nécessité pour soutenir un effort régulier et constant dans un laps de temps et ainsi obtenir naturellement
une bonne condition psychophysiologique gage d'une bonne efficacité sur tous les plans.
La B.C. repose aussi sur une technique de main, de poings et de bras très particulière appelée
"Technique de Lohan",
qui s'effectue en cercle ou en elliptique soit en attaque ou en défense.
Certaines de ces techniques s'effectuent simultanément avec les jambes.
Les particularités de la B.C. se trouvent dans l'application technique - qui
s'effectue avec un ou plusieurs partenaires,
successivement ou à la fois (Sanshou) - et l'utilisation de deux autres Wushu anciens: le Shuaï-Jiao et le Qin-Na.
La B.C. est un excellent moyen pour aller au fond de soi-même, de maintenir sa santé,
d'installer la confiance en soi et la paix de l'âme.
C'est une école de la vie ou l'on y apprend
les véritables valeurs humaines:
l'Ethique
La Responsabilité, la Sincérité, le Respect,
la Patience, le Courage, la Compassion,
le Sourire, la Fraternité
et la Non-Violence.
LE SANDA
N'ayant plus rien à voir avec la Tradition, le SANDA est une Version Sportive de la Boxe Chinoise,
une création récente parue en Chine dans les années 80.
En France, le Sanda est peu connu,
il fut introduit par de jeunes experts de Wushu Kung-Fu venus de Chine vers 1990.
Les techniques du Sanda sont assez restreintes et rudimentaires, une trentaine
de techniques au total:
elles reposent sur des règles sportives avec un programme de compétition qui a pour objectif d'opposer
deux compétiteurs face à face, de désigner un vainqueur et de gagner une récompense lors d'une rencontre
si l'un des deux participants remporte la victoire.
Ici, nous sommes bien loin de l'Art authentique, qui permet à l'adepte d'entreprendre
une quête personnelle
afin d'améliorer sa qualité de Vie, visant à élever son éthique.
Autant dire de suite que le Sanda s'adresse à un jeune public qui n'aurait pas une
recherche particulière
si ce n'est l'Amour du Sport ou de remporter une Victoire Sportive !...
Quant à la défense: en situation précaire, il est inutile d'espérer pouvoir se
défendre correctement et faire face
à un ou plusieurs agresseurs à la fois, c'est même très dangereux pour ceux qui essayeraient d'appliquer
- en situation inconnue - des techniques sportives.